Corporate venture BUILDING [2]: quand le terrain est-il fertile ?


Le Corporate Venture Building (CVB) est, en théorie, un outil puissant pour toute entreprise, quelle que soit la taille, secteur ou géographie.


En pratique, son succès dépend du contexte de chacune, notamment en termes de stratégie, organisation et ressources.

Peu d'entreprise ont tous les critères favorables sans aucun défavorable, ce qui rend la décision subtile. Cependant, s'il y a 1 critère impératif, c'est l'alignement des membres du Comité Exécutif ; ils sont en effet clés dans le déploiement (en particulier 'commercial') des futures startups.


Contexte favorable

Stratégie

  • Souhait de relais de croissance non directement liés au cœur de métier

  • Décroissance anticipée du cycle de vie à "10" ans

  • Exemples étrangers innovants pertinents à adapter ("copycat")...

Organisation

  • Actifs dormants sous-exploités (données, R&D, supply chain, canaux de développement commercial, partenaires...)

  • Modèle opérationnel déjà outillé avec de l'Innovation Ouverte (in-ex-cubateur, accélérateur...), du Corporate Venture Capital et de l'Intrapreneurship

  • Souhait d'accroître la culture d'innovation

  • Besoin de différentiation dans la proposition de valeur aux Talents...

Opportunité

  • Projets intéressants mais priorité 2 dans l'arbitrage budgétaire

  • Réserves de cash disponibles....



Contexte défavorable

Stratégie

  • Pérennité de court terme en jeu (basculement du marché, disrupteur...) : c'est au coeur de métier de réagir

Organisation

  • Équipes rétives à la collaboration avec des acteurs "externes" (en particulier en ventes & marketing)

  • Peu d'impact des actifs à partager

  • Faible culture & expérience d'innovation

Opportunité

  • Pas de marge de manœuvre financière de l'ordre de grandeur de 1 M€ par startup.



Sans être exhaustive, cette grille d'analyse vise à alimenter la réflexion et tempérer le processus décisionnel.

Le CVB est clairement un levier performant pour les entreprises, s'il est au service de leur stratégie (à la différence des startups standalone dont l'enjeu principal est la valorisation financière intrinsèque, pour la plupart).


Comme tout projet stratégique, il oblige l'entreprise (et en particulier le ComEx) à s'engager dans le temps en adoptant les facteurs clés de succès propres à ce levier (notamment un état d'esprit de 'Business Angel Opérationnel').