L'UE contre @ttaque: défi


Tout va bien madame la Marquise


En matière de numérique l'UE investit (ex. H.2020 l'un des plus grand programme de financement public de l'innovation au monde) et légifère (ex. Rgpd est précurseur).

Mais l'UE n'en perd pas moins, dans la vraie vie, sa souveraineté de pensée, opérationnelle et même fiscale.



C'est en effet par l'économie d'Usage déployée sur le marché de masse (B2C et PME) que les Tit@ns États-Uniens ont établi leur domination : [G] chercher sur internet, [A] acheter en 1 clic, [F] suivre ses amis, [A] être connecté au monde en temps réel, [M] écrire, calculer, faire des exposés etc avec Netflix, AirBnb, Tesla, Uber, Stripe...


Ainsi, l'UE, 1ère puissance économique mondiale, se retrouve GAFAMée : ses données (l'or noir du XXIè) partent aux États-Unis, ses citoyens ne vivent le numérique qu'à travers les États-Unis, ses startups rêvent d'être rachetées par un acteur États-Unien, certains de ses membres nomment des Ministres des Gafam.



R.O.I de l'investissement UE en innovation = sous-performance


Il est de coutume d'expliquer cette domination Etats-Unienne par le retard de l'UE en termes d'investissement global (public + privé) dans l'innovation.



Pourtant, disposant d'un potentiel de marché supérieur aux États-Unis, à proportion équivalente d'investissements (données 2019), l'UE devrait engendrer a strict minima :

  • 2 à 6 Tit@ns : elle en a 0

  • 36 à 127 Licornes : 23.


Ainsi, la situation UE/Etats-Unis étant toujours observée en volume, l'écart permet de réclamer toujours plus d'investissement.

Mais l'analyse en relatif (qu'il conviendrait d'affiner) fait apparaître une sous-performance réelle des investissements de l'UE.


"Faire incessamment la même chose en attendant un résultat différent est de l'aveuglement" ; est-ce qu'Einstein continuerait à ajouter de l'argent (volume) s'il ne savait pas optimiser celui déjà investi à date (relatif) ?


L'argent est nécessaire, mais, alors qu'il est le principal point de focalisation, il n'est pas l'unique cause clé.



L'UE, 1er marché au monde : entre théorie & réalité opérationnelle


Au-delà de l'argent investi, les Tit@ans États-Uniens deviennent des Winner Takes All, notamment grâce à leur terrain de jeu de départ.

Leur marché opérationnellement unifié leur permet d'acquérir rapidement une taille critique ; c'est un levier clé sur les marchés de masse (B2C et PME).



En théorie, l'UE offre également une taille critique. En pratique, la fragmentation de son marché induit que se déployer en Europe est beaucoup plus lent et coûteux qu'aux États-Unis.


Pour lutter à armes égales avec États-Unis & Chine, les StartUps UE ont donc besoin d'accélération opérationnelle intra-continentale.



"C'est structurel. Tout comme les montagnes séparaient les pays"

"Oui mais depuis on a inventé les tunnels".


L'UE ne doit se résoudre à considérer cela comme une faiblesse structurelle en y apportant uniquement toujours plus d'argent et des réponses législatives aux retombées opérationnelles limitées ou de long terme.


Il y a en effet matière à "penser différemment" : revisiter le coeur opérationnel du problème.

Comment aider un entrepreneur à déployer son offre très tôt & de manière efficiente dans plusieurs pays d'Europe ? De quels exemples s'inspirer ?


Deux pistes de réflexion :

  • Amadeus : "Startup" Européenne des années 90 dont l'histoire est riche d'enseignements (et qui pourrait se reproduire avec Software Republic, Free-Now et Share-Now)

  • Toutes les Corporates-Eti-Pme internationales : leurs filiales sont finalement telles un simili-marché UE opérationnellement unifié.


Suite au prochain épisode.